Facebook vient de confirmer le test en cours d’une nouvelle fonctionnalité qui permet à ses utilisateurs de ‘suivre’ (à la façon de Twitter) les notifications d’un autre utilisateur en utilisant la même interface que celle servant à demander une connexion entre ami.

Cette fonction, qui a été signalée à l’origine par AllFacebook, va boulverser pas mal de choses. Elle facilitera les interactions entre utilisateurs et les relations entre un utilisateur et les gens qu’il trouve intéressants en plaçant leurs mises à jour dans un zone visible du flux d’activité de Facebook, dont le rapport signal/bruit s’améliore de jour en jour.

AllFacebook pointe non sans raison le risque de rejet de la part d’utilisateurs qui risquent d’être mécontents à l’idée de ne pas avoir le moindre contrôle sur ceux qui suivraient leurs activités – tout comme il y a peu de contrôle dans Twitter sur le groupe de ceux qui vous suivent – mais en même temps, si les utilisateurs de Facebook devaient se révolter, ce serait fait depuis belle lurette.
Cette objection était qui plus est déjà apparue lors de l’introduction du newsfeed, qui est désormais un élément central de Facebook. C’est d’ailleurs fascinant de voir à quel point le fait de rendre plus accessible une information peut orienter à ce point les activités des utilisateurs de Facebook.
Ce type d’interface, que l’on retrouve aussi dans les lecteurs RSS et bien sûr dans Twitter, du type ‘rivière d’information’, ont un potentiel phénoménal, et Facebook est sans conteste celui qui a sur l’apporter au plus grand nombre de personne.
Souscrire – à la façon de Twitter – aux notifications d’un utilisateur permettra de se tenir au courant de l’activité d’une multitude de personnes de façon bien plus efficace qu’auparavant. Les phénomènes de buzz devraient, à l’image de Twitter, et du fait de la dissymétrie induite dans le réseau social, devenir bien plus forts sur Facebook, ce qui ne manquera pas de remettre à plat nombre de stratégies virales. Cette nouvelle capacité données aux utilisateurs d’en suivre passivement d’autre devrait les inciter à élargir leur groupe «d’amis», et donc leurs sources d’informations.
La conséquence à long terme sera sans nul doute une modification considérable des relations d’influences sur Facebook et des phénomène de propagation d’une information qui y prennent place. Twitter, qui le premier a introduit à grande échelle le concept de réseau social dissymétrique, est infiniment plus apte à propager une information aux quatre coins de la planète du simple fait de la structure particulière de son réseau social.
En jouant sur les deux tableaux, celui du réseau symétrique propre aux relations d’amitiés et du réseau dissymétrique propre aux relations d’influences, Facebook pourrait bien reprendre la main pour ce qui est d’être le lieu où se propage une information. Une information arrivée au sein d’un cercle d’amis par le biais d’un «influent» pourra y être validée (retweeté, ou dans ce cas partagée à nouveau) par une personne proche, qui lui apporterait ainsi sa caution. Un double phénomène d’influence, par la proximité et le réputationel, dont les effets pourraient être phénoménaux.
A un peu plus d’un an d’élections décisives, en France comme aux Etats-Unis, et à l’heure où de nombreuses dictatures comme la Tunisie ou l’Egypte ont mis en place de véritables polices sur Facebook, le réseau social qui réunit désormais aussi bien les adultes que les plus jeunes, s’apprête a devenir plus que jamais un acteur de poids pour diffuser l’information. Avec – à l’en croire – bientôt un milliard d’utilisateurs, il pourrait dans de nombreux pays, jouer un rôle politique décisif.
D’un point de vue marketing, ce petit changement appelle à une révision en profondeur des stratégies mise en place jusqu’ici, qu’il s’agisse de campagnes proactives ou de dispositifs de gestion de crise, les règles du jeu vont changer rapidement, et pour peu que cette fonctionnalité connaisse une rapide adoption, les dispositifs mis en place pourraient révéler des failles critiques.
source : fr.readwriteweb.com
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